Henri de la Velle, gros voëble de la Franche-Montagne

lundi 23 janvier 2006
par  JML

Henri de la Velle dit Richard Guénin assure la charge de Gros Voëble de la Franche Montagne à partir de 1656 avant de devenir Mayre de la Franche-Montagne.
La charge de Gros Voëble est confiée à vie par le Prince Évêque de Bâle.
Les responsabilités du Gros Voëble :

  • Obéir au Grand Bailli de la Franche Montagne et exécuter les ordonnances
  • Veiller aux biens et privilèges du Prince Évêque de Bâle
  • Arrêter les personnes
  • Veiller sur les personnes détenues et garder le secret sur les interrogatoires effectués même sous la torture
  • Veiller sur les bornes et limites au finage
  • Recouvrir les amendes, revenus et droits seigneuriaux
  • Vérifier le versement de la dîme des grains
  • Inspecter les cabaretiers
  • Vérifier que les routes et chemins sont en état
  • Procéder à la réparation des bâtiments
  • Être présent lorsque le Bailly tient justice pour commandement ou défense
    Il s’adresse au conseil aulique et non autre part en cas de problèmes
    Il reçoit pour son gage 10 livres bâloises en argent, 8 penaux de blé et 16 penaux d’orge.
    Il est exempt des charges personnelles et corvées.
    La charge commence à la saint Jean le 24 juin.

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Henry de la Velle témoin du notaire Louis Simon
Dans un acte du 30/5/1677, Henri de la Velle gros voeble est témoin pour la signature d’un acte du notaire Louis Simon

A cette époque quelques procès pour sorcellerie et maléfices jetés sont instruits et les « sorcières » parfois condamnées.
Un extrait du livre « Maléfices et sortilèges » est présenté par ailleurs. Henri de la Velle y interroge les suspectes

Court extrait "Auparavant les juges prirent connaissance d’un de ces rapports que le gros voeble Henri de la Velle libellait avec autant de facilité que de grâce ; il s’agit d’une conversation qu’il eut avec Jeannette Meyrat en allant lui porter à manger dans sa prison.

« Je souscrit, gros voeble, atteste que le 3 juin 1654, en donnant à souper à Jeannette Meyrat, icelle me dit qu’elle avait bien entendu crier sa sœur Evatte ; mais que le diable l’emporte si elle avait pleuré, d’autant que c’est à son sujet qu’elle-même est en prison. Je lui demandais si elle savait quelque chose d’Evatte. Elle me répondit que tout leur village savait que ses deux sœurs, Evatte et la Jacque, ne se conduisaient pas avec leur père comme elles le devaient ; qu’alors que ceux de la Montagne allaient quérir la graine au Soleure et qu’il faisait si cher dans leur Montagne, ses sœurs Evatte et Jacque trafiquaient de la graine et faisaient du pain pour vendre.

Leur père avait été trois jours sans manger pain et il pria ses deux filles de lui faire une petite michette, qu’il payerait tout ce qu’elles voudraient. Mais Evatte et la Jacque ne voulurent rien faire de peur de le lui vendre meilleur marché qu’aux autres. Alors le père alla pleurer vers sa fille Jeannette, qui lui donna du pain de cresson qu’elle avait fait par nécessité. Ses sœurs ne voulaient pas faire leur potage en leur logis encore que leur père les en ait priées.

Elle-même, Jeannette, leur disait :
« si vous avez du pain, vous pourrez le manger à votre commodité ; si vous avez du beurre, du sel, vous le mettrez dans vos potages, et si vous n’en avez pas, vous n’en mettrez point, mais par ainsi vous ne ferez pas voir votre pauvreté dans les ménages étrangers et voisins. Il vaut mieux que vous demeuriez pour manger votre pain et le peu que vous avez, que d’aller par les maisons importuner les gens. Mais Evatte et la Jacque sont toujours allées tantôt dans un logis, tantôt dans un autre, et quand il arrivait quelque accident dans un logis, icelles changeaient de maison. »

« Et que pensez-vous que les voisins disaient ? »

« Les uns disaient qu’on a brûlé leur mère et qu’elles ne sont pas meilleures qu’elle ; les autres, que si elles étaient de bonne façon, elles demeureraient auprès de leur père pour faire leur potage, voir qu’il fallait qu’elles portassent du bois hors de leur logis pour ce faire. »

« En outre, Jeannette m’a encore dit, aujourd’hui, 11 juin, lorsque je suis allé ouvrir la porte de sa prison, alors que le sieur curé était venu la consoler, qu’elle pensait que je venais la quérir pour la mener es grenier pour endurer la question, et qu’elle avait bien peur, mais qu’elle priait qu’on la lui donnât tout d’un jour afin qu’elle fût tant plus tôt quitte. »"


Documents joints

Extraits de "Maléfices et sortilèges"
Ouvrage de E. Diricq - 1910 - pages 204 à 221

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