Le chapître de Saint-Ursanne et ses possessions alsaciennes

lundi 23 janvier 2006
par  JML

Les vendanges dans les possessions alsaciennes étaient un événement important de la vie du chapitre de Saint-Ursanne. Jehan Henri Richard Guénin fut sans doute de ces voyages au cours de sa vie à Saint-Ursanne comme chanoine et custode.

Extrait de l’Histoire de Saint-Ursanne par Mgr F. Chèvre - 1887 - Porrentruy


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Quand l’heure de la vendange avait sonné, un exprès accourait de Habsheim pour annoncer la bonne nouvelle au vénérable Chapitre. Le raisin était mûr. L’envoyé en apportait une preuve évidente et palpable. C’était un panier de grappes vermeilles, qu’il étalait sous les yeux du prévôt et de son Chapitre. En 1703, ce messager de bonheur était Ursanne Marchand, auquel on donnait pour son voyage 12 sols.

La première mesure que prenait ensuite le Chapitre, c’était de désigner parmi ses membres, en assemblée capitulaire, celui qui devait, au nom du Chapitre et comme son député, présider à la vendange et en diriger la joyeuse opération. C’était ordinairement le custode du Chapitre, à moins que ce ne fût le prévôt lui-même. En 1685, c’était le prévôt Frédéric de Grandvillers. En 1703, c’était le chanoine Claude François. Parfois aussi, le Chapitre déléguait deux de ses membres. En 1712, le chanoine François Bassand (3) était désigné pour accompagner le prévôt Jean-Jacques Beuret, à la vendange de Habsheim. En 1592, 28 septembre, c’étaient les chanoines Labourier et Surmont. Tandis que le Chapitre nommait son représentant ou ses députés, le receveur de la collégiale, de son côté, se mettait en mouvement pour appeler à lui "les serviteurs de la vendange". Sous ce nom venaient les dîmeurs assermentés, les "écrivains" chargés de prendre bonne note des dîmes, les "trotteurs" prêts à fouler le raisin, puis les voituriers et enfin la cuisinière.

C’était, on le voit, toute une petite armée, mais pacifique, celle-là. Il y avait, en 1703, cinq "écrivains" et cinq "dixmaires". Les premiers étaient Jacques Grillon, Ursanne Marchand, Pierre Verdat, Louis Erard et Jean Bernard Vaicle, tous de St-Ursanne. Les dîmeurs se nommaient Ursanne Bouvier, Claudat Choffat, Claude Déchamps, son fils Peter Jean, de Champrameux, et le receveur lui-même, Ursanne Theubet. Quelquefois, comme en 1697, on prenait les écrivains et les dîmeurs à Habsheim. Dans ce cas on donnait 15 sols à Flümlin Behaltheiss de Habsheim, pour les assermenter.

Ce qui était, pour la vendange, plus nécessaire encore que les dîmeurs et les écrivains, c’étaient les "trotteurs", ou les fouleurs de raisins. Jean Martin, de Montmelon, était trotteur en 1703. On lui adjoignit "deux allemands" de Habsheim. On donna à ces derniers 4 livres 11 sols et 6 deniers de Bâle, pour les neufs journées employées à pressurer le vin. Les charretiers furent Pierre Louis Louis Migy avec son fils, de Saint-Ursanne, et Henri Viatte, de Sur Môron. Pour compléter ce personnel, nommons encore la cuisinière, qui était, en 1703, Barbelé Pavignat, de St-Ursanne. Hâtons-nous d’ajouter, pour ne pas y revenir, que la cuisinière Barbelé tomba malade sur la fin de la vendange et qu’il fallut la ramener de Habsheim en voiture particulière, qui coûta 15 sols, de cette localité à St-Ursanne. A son retour, la cuisinière Barbelé recevait "pour 13 journées à 4 sols la journée, 2 livres 12 sols". Après avoir nommé la cuisinière, il convient de mentionner le pot au feu. On ne partait pas de St-Ursanne sans avoir fait provision des vivres nécessaires. En premier lieu venait un boeuf gras, ou une génisse grasse. Le boeuf gras coûtait en 1684, 28 livres, la génisse "graisse" en 1703 était payée 28 livres 10 sols. On y ajoutait 6 sols pour l’envoyer chercher à Montpalais. A cette viande, on joignait celle de 4 moutons gras, payés en 1703, 11 livres 10 sols. Moutons et génisse ou boeuf payaient à Pérouse (Pfetterhausen) leur droit d’entrée en Alsace à raison de 7 sols. Il est vrai que, dans le montant de ce péage, étaient compris le fromage et le beurre dont les vendangeurs faisaient provision à Saint-Ursanne avant leur départ. Ces provisions se composaient en 1703, de 40 livres de beurre à 3 sols 7 deniers la livre et 80 livres de fromage "pour les serviteurs de la vendange" à 2 sols 3 deniers la livre. C’était du fromage "en meule". On emmenait aussi une autre espèce de fromage. C’étaient trois talons (têtes de moine) pesant 54 livres, à 3 sols 4 deniers la livre. Ces trois talons étaient portés "en présent" au bailli de Landser. Pour assaisonner les repas des vendanges, il fallait avoir des "espiceries" : il y en avait en 1703 pour 2 livres 5 sols. On poussait l’attention à l’égard des vendangeurs jusqu’à leur procurer du tabac : en 1697 pour 6 sols. Enfin la graisse pour la "trotte" ne pouvait faire défaut. En 1703, on donnait 12 sols pour deux livres. Les chandelles nécessaires s’achetaient à 7 sols la livre. Il en fallait 12 livres. Telles étaient les provisions, que menait avec lui et les "serviteurs de la vendange", le receveur du Chapitre.


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