La Franche-Montagne de Muriaux à la fin du moyen âge - Limites

Localisation des seigneuries de Muriaux et de Saint-Ursanne
samedi 21 janvier 2006
par  JML

Documents extraits du livre de Jean-Paul Prongué : La Franche-Montagne de Muriaux à la fin du Moyen âge.
Publié par la Société Jurassienne d’Emulation (SJE)


LA MONTAGNE DU FAUCON AUX XIIIE ET XIVE SIÈCLES

Extraits page 29-30 et 31 du livre de Jean-paul Prongué

Jusqu’au XIVe siècle, le haut plateau n’est connu que sous le nom latin de Mons Falconis, la Montagne du Faucon. [1]

Cette aire géographique est en fait celle de la vaste paroisse de Montfaucon, appelée ainsi par référence à l’église édifiée dans le village du même nom, sur la crête montagneuse qui borde la vallée du Doubs sur son flanc méridional.

Les limites de cette paroisse apparaissent progressivement et toujours en référence à celles des régions voisinantes. À Saint-Ursanne, la charte de 1210 fixe les « frontières et confins » de la Prévôté « de l’arête de Montfaucon jusqu’aux Montbovats, et de là, en revenant en arrière jusqu’à la charrière (via carriara) de Moron, et de là jusqu’aux rochers appellés Les Deux Sœurs (actuellement : Les Sairains) ». Les terres situées au sud de cette ligne relèvent implicitement de la Montagne du Faucon.
Le même schéma est valable dans un rôle ursinien daté de 1329]. Il atteste que « la seconde borne (de la Prévôté) est le lieu appelé Clairbief ; la troisième borne (meta), le lieu appelé L’Arête de Montfaucon ; la quatrième borne, le lieu appelé La Fontaine des Montbovats ; item, le lieu-dit La Pierre de l’Autel ». À l’évidence, ce tracé recoupe, en le complétant vers l’est et l’ouest, celui de la charte de 1210. Il délimite la Prévôté de Saint-Ursanne de la Montagne du Faucon.

Plus à l’ouest, l’évêque de Langres, Jean de Chalon, administrateur du diocèse de Bâle, précise en 1330 les limites de la seigneurie de Montjoie sur la rive droite du Doubs.

En français moderne, on peut traduire ce texte comme suit : « Depuis Clairbief, près de Lobchez, en remontant ce bief jusqu’à la combe de la Chavenière, en suivant son cours en amont jusqu’au creux des Enfers ; et depuis le creux des Enfers jusqu’à La Bosse ; depuis La Bosse jusqu’à la saigne du Praissalet, en y incluant tout le bassin naturel ; et depuis La Bosse jusqu’à l’endroit ou les eaux se rejoignent pour former de belles sources jusqu’au ruisseau ; et aussi tout le bassin naturel situé devers Le Bémont ». Là encore, les terres situées au sud de ce tracé relèvent de la Montagne du Faucon et celles sises au nord dépendent - et ce jusqu’en 1779 de la seigneurie de Montjoie.

Aujourd’hui encore, cette partie des côtes du Doubs est communément appellée « Les Bois de Montjoie ».
Un autre document, non daté mais légèrement postérieur à l’acte de 1330, confirme que le Bresseler walt, c’est-à-dire la forêt du Praissalet, est située à l’intérieur des bornes (margstein) posées par Jean de Chalon, évêque de Langres. Cette remarque renvoie sans aucun doute aux limites entre Montjoie et Montfaucon telles que « feu Monseigneur de Chalon » les avait définies en 1330.

Ces actes prouvent qu’au début du XIVe siècle, la région est déjà mise en valeur puisque La Bosse, Le Praissalet, Le Bémont, Les Enfers sont des hameaux habités, sans même parler de Montfaucon et de Muriaux. C’est si vrai que seigneurs et princes jugent indispensable de bien marquer, sur le terrain, les limites entre la Montagne du Faucon et les seigneuries de SaintUrsanne et de Montjoie.
À l’ouest, on peut penser que la seigneurie de Franquemont, qui se confond avec la paroisse de Goumois, marque dès le XIIème siècle la frontière orientale de la paroisse de Montfaucon. La même remarque vaut, plus précocement encore, pour la Courtine de Bellelay, seigneurie ecclésiastique du XII" siècle qui regroupe toute la « haute-paroisse » de la Madeleine. Au sud, le haut plateau prend fin au pied de la Montagne du Droit qui domine la vallée de la Suze.
Le statut politique de cette région et de ses habitants au XIIIe siècle est encore plus obscur qu’au siècle précédent. Seule certitude, ce pays se confond pratiquement avec la paroisse de Montfaucon. Le premier tournant de l’histoire du plateau commence au début du XIVe siècle avec l’arrivée d’un chevalier ajoulot à Muriaux, sur un promontoire rocheux dominant la vallée du Doubs en amont de Franquemont.

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Carte de l’extrème nord de la Franche-Montagne

La carte de l’extrème nord de la Franche-Montagne montre que la zone du Bois-Derrier est à la limite de la Franche-Montagne telle que définie avant et de la seigneurie de Saint-Ursanne dont faisait partie l’abbaye de Bellelay. Les fermes des Montbovats et des Mottes sont ici localisées en dehors de la Seigneurie de Muriaux. Les fermes des Rouges-Terres sont ici à cheval sur les deux seigneuries.


[1Le hameau des Montbovats, relevant de la paroisse de Montfaucon, est inclus dans la seigneurie de Saint-Ursanne.


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